Tribunal de la Sainte-Inquisition à l’ULB ?

Courrier adressé à Madame la Rectrice de l’Université libre de Bruxelles, le 20 octobre 2020, en réponse à son envoi (qu’on trouve après ma réponse), même date

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Madame la Rectrice,

Je vous remercie pour votre réponse.

Docteur en théorie du droit (Sorbonne), titulaire de trois Masters de droit belge, dont deux juridiques, auteur d’une douzaine d’ouvrages, oserais-je vous l’avouer ? J’espérais mieux que ce courrier circulaire.

Sans doute n’aviez-vous pas l’occasion de prendre connaissance des nombreux courriers affligés à vous adressés dans ce qui est désormais l’Affaire Furfari.

Permettez-moi, dès lors, dans cette modeste réponse ouverte, de vous en rappeler la teneur :

1. Le Professeur Furfari, qui gravite notoirement au sommet de son art, fait l’objet d’une vile dénonciation anonyme pour ses opinions “climato-sceptiques”, terme qu’il a toujours récusé, dans son libellé comme dans sa substance;

2. Sur la foi de cette calomnie anonyme, qui l’assimile de façon abjecte et répugnante aux négateurs des chambres à gaz nazies (sic), le doyen de l’Ecole Polytechnique prend — dans les 24 heures ! — un communiqué qui vaut pré-condamnation; sans que le Pr. Furfari n’ait été entendu à faire valoir ses arguments;

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En tant que juriste, ce procédé ne vous chagrine pas ? N’en voyez-vous pas l’illégalité, le caractère infamant, anti-rationnel et immoral ?

Vous n’êtes pas sans vous rappeler, Madame, que les droits de la défense sont une exigence épistémologique avant que morale : car, on ne juge jamais bien celui qui n’a pas été en mesure de faire valoir ses arguments; c’est une exigence rationnelle élémentaire; en sommes-nous revenus à la Sainte-Inquisition, qui brûle sans connaître ?

Au fond:

3. Cet infâme dénonciation anonyme n’impute au Pr. Furfari aucune erreur scientifique : aucune;

4. Déchirons le voile de l’hypocrisie : ce qui est reproché au Pr. Furfari, libéral et chrétien, ce sont ses seules opinions; non le fait d’en avoir, mais d’en faire valoir qui disconviennent aux lâches auteurs de ce courrier doleux.

Je veux croire que la raison et le droit prévaudront et vous prie de croire, Madame, en l’expression de mes sentiments dévoués.

Drieu Godefridi, PhD

….

Le courrier qui précède répond à celui-ci:

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier relatif à la situation du professeur Samuel Furfari et y suis tout à fait sensible. Cette affaire est entre les mains de la Faculté concernée, à savoir notre École polytechnique : je laisse donc le soin au Doyen de cette Faculté de conduire ce dossier en toute sérénité et dans le respect des règles qui prévalent dans notre Université. Je ne préjugerai dès lors pas de ses conclusions.

Je suis comme vous attachée au principe de liberté d’expression et de la liberté académique, lequel constitue un principe fondamental à l’Université libre de Bruxelles. Il s’énonce dans les limites du respect de la méthode scientifique et des principes qui guident l’enseignement et la recherche à l’Université ; il ne peut devenir pour autant un paravent pour laisser libre cours à des discours qui entrent en contradiction avec la recherche scrupuleuse de la vérité, comme le conçoit la méthode du libre examen. Il s’énonce également dans les limites du respect de la présentation des différentes positions en présence, d’une approche critique et d’une incitation, à l’égard de nos étudiants, à se poser toutes les questions nécessaires afin de stimuler leur réflexion et leur culture du débat contradictoire. Notre enseignement vise ainsi à penser la complexité, avec rigueur et honnêteté.

J’ajouterai enfin que notre Université est préoccupée en tant qu’institution par les effets du dérèglement climatique et entend mener en son sein, de plus en plus, des politiques de développement durable, afin de s’engager pour un monde meilleur luttant contre l’épuisement de ses ressources. Ceci m’est tout à fait essentiel.

L’Université ne manquera pas de vous tenir informé des suites de ce dossier.

Bien cordialement,

Prof. Annemie Schaus
Rectrice de l’Université libre de Bruxelles

Mail: rectrice@ulb.be

Secrétariat : +32 (0)2 650 23 75

Courrier: Av. F. Roosevelt 50, CP 130, 1050 Bruxelles
Visiteurs: Av. F. Roosevelt 19, 1050 Bruxelles

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