Fraude en Géorgie? Fact-checking des fact-checkers

Smoking Gun in Georgia: fact-checking des fact-checkers

Sommaire

Le “fact-checking” de la fraude en plein jour en Géorgie ne passe même pas le test de la non-contradiction: les fact-checkers se contredisent entre eux, parfois ils se contredisent eux-mêmes. Ce qui s’est passé en Géorgie, et ces faits ne sont pas contestables, est que la “Supervisor” du bureau de décompte a congédié les Observateurs Républicains, la presse et toutes les personnes présentes, sous prétexte que le décompte était terminé, en fraude totale du droit, avant de reprendre le décompte de façon subreptice pendant deux heures, sur 5 machines (dont le potentiel est de 3000 votes par heure). Ce seul fait massif prouvé de fraude au sens du droit suffit à annuler l’élection en Géorgie.

Deux observations “apéritives”:

1. Je regrette que les journalistes et commentateurs américains se partagent désormais essentiellement entre les négationnistes Démocrates, et certains avocats et commentateurs Républicains qui sont dans l’hyperbole permanente et qui mélangent tout, alors que les faits suffisent. Je n’ai pas lu une seule analyse rationnelle rigoureuse des “fact-checkers” de la fraude en Géorgie, alors qu’il suffit de le lire et de les comparer;

2. La fraude en Géorgie, et les près de 2000 (deux mille) témoignages de fraude — témoignages sous serment passibles de 5 ans ferme en cas de parjure — rassemblés par l’équipe Giuliani ne vont pas disparaître par enchantement. Si les législateurs d’Etat et la Cour suprême fédérale ne prennent pas leurs responsabilités, je ne sais pas ce qu’il restera de confiance des Américains dans leurs institutions.

Développement

Les Républicains font grands cas d’une vidéo de sécurité qui, dans un comté très contesté de la Géorgie, montrent la « Supervisor » du dépouillement des votes clôturer le travail de dépouillement le soir du 3 novembre, inviter les personnes présentes à quitter les lieux, avant de reprendre l’encodage des votes de façon subreptice en petit comité. Depuis 24 heures, des « fact-checkers » se sont emparés du sujet, pour soutenir que ces images ne dénotent rien d’anormal.

Qu’en est-il ?

Voici les faits, je vous laisse apprécier:

1. Deux témoins sous serment affirment que la « Supervisor » de leur centre de comptage de la « State Farm Arena », Fulton County, Géorgie leur a demandé de quitter le centre de comptage juste après 22h00, leur signifiant que le comptage des votes (par correspondance et des militaires) était terminé et que le travail reprendrait le lendemain matin à 08h30. (Rappelons que ces témoignages sous serment notariés sont passibles de 5 ans de prison ferme en cas de parjure);

2. Ayant invité les personnes présentes à quitter les lieux, la « Supervisor » et l’une de ses collègues se mettent aussitôt à ranger la salle, et l’une d’elles va jusqu’à épousseter ostensiblement les tables; le message est clair et cohérent avec les témoignages sous serment : « On ferme! » :

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3. Les deux observateurs Républicains quittent donc les lieux, de même que la presse;

4. À 23h02, tout le monde a quitté les lieux, sauf la Supervisor et trois de ses collègues, toujours présents, qui tirent alors des caisses de bulletins de vote de sous une table, pour se mettre à les comptabiliser ;

5. D’une durée de près de deux heures, ce décompte subreptice se fera sans la moindre « observation » des Républicains congédiés ni n’aucun tiers quasiment jusqu’à son terme ;

6. Contrairement à ce qui est allégué par des « fact-checkers », les deux témoins sous serment n’étaient nullement rentrés chez eux ; ils s’étaient simplement rendus dans la partie centrale de la « State Farm Arena » pour assister à la centralisation des résultats;

7. La vidéo de sécurité nous montre les deux témoins assermentés qui, apprenant la reprise subreptice du comptage après qu’on les eût évincés, reviennent sur les lieux à 0145 (deux heures trente après les avoir quittés), juste après que les Quatre soient partis;

8. Des « fact-checkers » allèguent qu’à 22h00 le travail « ouverture des enveloppes » était terminé, et qu’il ne restait que le « scanning » — encodage — à réaliser.

La distinction paraît toutefois sans pertinence:

a) Cette distinction ouverture/encodage est étrangère au droit de la Géorgie : la Section § 21–2–408 du Code Of Georgia, qui concerne les « poll watchers » (observateurs), explique que les partis et entités politiques impliqués ont le droit d’observer les opérations de dépouillement sans distinction entre ouverture des enveloppes et encodage, lequel est évidemment crucial;

b) On aperçoit distinctement les Quatre attendre que la pièce se vide intégralement pour reprendre le décompte;

c) Pourquoi faire le « ménage » si c’est pour reprendre immédiatement le travail ?

d) Pourquoi annoncer la fermeture du bureau et inviter les « poll watchers » à quitter les lieux, lors que leur mission n’est en rien terminée selon le droit électoral de la Géorgie ?

9. Des « fact-checkers » allèguent qu’en réalité la « Supervisor » n’a pas invité les personnes présentes à quitter les lieux, et que ces personnes seraient parties « spontanément » : ce point paraît aisément vérifiable, par exemple auprès des autres personnes présentes (notamment les journalistes). Comment expliquer que toutes les personnes présentes aient décidé de partir au même moment — journalistes et “poll watchers” — si ce n’est par le fait qu’on leur ait annoncé que le travail était terminé ?

D’autres fact-checkers contredisent les premiers, en écrivant qu’ « on ne sait pas » s’il a été demandé aux personnes présentes de quitter les lieux. Vive le FACT-checking!

Détail intéressant, certains fact-checkers reconnaissent qu’il avait bien été décidé d’interrompte le dépouillement, tout en soutenant que cela n’a pas été « annoncé » aux personnes présentes qui donc auraient donc tous quitté les lieux au même moment en quelque façon par coïncidence — ce qui paraît aussi crédible que l’idée que tout le public d’un théâtre le quitte précipitament, mais sans aucun rapport avec le fait qu’on vienne d’y crier Au feu ![1]

10. “Le bureau du secrétaire d’État de Géorgie était conscient que le décompte du comté de Fulton s’était poursuivi pendant la période saisie dans la vidéo présentée lors de l’audition du Sénat”, a déclaré vendredi après-midi un porte-parole du bureau du secrétaire d’État. “Ce bureau a dépêché un enquêteur et a informé le contrôleur indépendant désigné par le Conseil électoral de l’État (“board monitor”) qui ont tous deux observé le scannage jusqu’à ce qu’il soit arrêté pour la nuit vers minuit.” Faux. Le “board monitor” en question a déclaré quitter les lieux à 2015 et n’y être revenu qu’à 2352, quand tout était terminé. Source: déclaration du “board monitor” lui-même aux fact-checkers!

Conclusion

Deux témoignages notariés passibles de 5 ans fermes en cas de parjure constatent qu’on leur a demandé de quitter les lieux au prétexte de la fin du dépouillement et les images sont intégralement cohérentes avec leurs déclarations ; ces affidavits sont, en droit américain, des preuves, au sens strict.

Ce qui s’est passé en Géorgie, et ces faits ne sont pas contestables, est que la “Supervisor” du bureau de décompte a congédié les Observateurs Républicains, la presse et toutes les personnes présentes, sous prétexte que le décompte était terminé, en fraude du droit, avant de reprendre le décompte de façon subreptice pendant deux heures, sur 5 machines (dont le potentiel est de 3000 votes par heure), en fraude du droit.

Ce seul fait massif prouvé de fraude au sens du droit suffit à annuler l’élection en Géorgie.

Drieu Godefridi, PhD

5 décembre

[1] Le même fact-checker, qui devrait fact-checker ses faits, soutient dans le même article qu’un “board monitor” a observé le dépouillement, puis précise que celui-ci est arrivé à 23h52, c’est-à-dire quand ce dépouillement subreptice était quasiment terminé: https://www.factcheck.org/2020/12/video-doesnt-show-suitcases-of-illegal-ballots-in-georgia/

PhD Sorbonne

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