Europe-USA : qui est protectionniste ?

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Le mensonge Intimités (1897), Félix Valloton — Gravure sur bois

La presse européenne ayant très généralement cessé d’informer, il n’est pas inutile de rappeler la situation réelle du commerce entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique.

En résumé : l’Union européenne (UE) est protectionniste, l’Amérique est ouverte.

Bien sûr, il faut nuancer. Mais le tableau général est clair — et à l’opposé de celui que vous dépeint la presse. N’en prenons que trois exemples.

L’Europe impose des droits de douane de 10% sur les voitures américaines, alors que les USA n’imposent que 2.5% sur les véhicules européens — l’Allemagne s’en félicite tous les jours. Qui est protectionniste ?

Dans le domaine agricole, il n’existe aucune zone économique dans le monde qui soit aussi fermée que l’Union européenne. Qui est protectionniste ?

Enfin, l’Union européenne sous la pression de la France est la plus fervente opposition à la libéralisation des échanges dans le domaine de la culture au sens large, aussi vrai que pour un homme politique français, il ne peut y avoir de culture que subsidiée. Qui est protectionniste ?

On pourrait multiplier les illustrations de protectionnisme européen contre le partenaire américain. On estime que de 2009 à 2016 l’UE a adopté pas moins de 5000 directives (!) ayant pour objet ou pour effet d’entraver le commerce international !

Résultat, les exportations européennes vers les USA sont nettement supérieures au flux des USA vers l’Europe; elles le sont même de 150 milliards de US$ par an !

Je ne prétends pas que la solution soit de rehausser les droits de douane américains.

En réalité, il est encore possible de sortir de cette crise par le haut : chiche ! Mais alors, les Européens doivent se montrer cohérents, baissant leurs droits de douane au niveau des droits américains, ouvrant les forteresses protectionnistes de l’agriculture et de la culture, endiguant le permanent délire réglementaire liberticide et anti-économique du Parlement européen.

De fait, il n’y a pas de gagnant de long terme dans une “guerre commerciale”, plus précisément une course au protectionnisme.

Mais à court terme l’Europe qui exporte bien davantage vers les USA que le contraire a beaucoup plus à perdre que son partenaire américain; ce que le président américain a parfaitement compris.

Par conséquent, les Européens devront négocier.

Auteur Chimères : cinq essais sur la socialisation de l’Occident, Texquis, mars 2018.

PhD Sorbonne

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