ECOLO est-il favorable à l’ouverture des frontières ? Les preuves !

Drieu Godefridi

Peut-on parler d’immigration de façon critique, problématiser la thématique ou certains de ses effets, sans déclencher des réactions d’hystérie, hérissées d’imprécations et de morale ?

La première condition d’un débat critique, au sens kantien, est que chacun assume ses positions. En effet, il est impossible de débattre de façon rationnelle avec un interlocuteur dont la position change au gré des interlocuteurs et des médias.

Ainsi la question s’est-elle récemment posée de connaître la position officielle du parti ECOLO sur le thème de l’immigration.

Dans son ouvrageContinent sans frontière”, Theo Francken (N-VA) impute à Ecolo la revendication de l’ouverture des frontières.

À la faveur d’un débat sur Bel-RTL face au sénateur MR Alain Destexhe (11 janvier 2019), M. Doulkeridis (ECOLO) contestait que l’ouverture des frontières soit la position de son parti.

Ce propos surprend.

En effet, le “Programme complet de ECOLO” pour les dernières élections (2014), stipule en toutes lettres : “Ecolo demande que la question de la libre circulation des personnes soit considérée au même titre que celle relative à la liberté de circulation des biens”, de façon à embrasser “le libre-échange généralisé” (pièce 1, ci dessous).

Quelques lignes plus loin, sont formulées les deux priorités d’Ecolo dans le domaine de l’immigration : “décriminaliser la politique migratoire” et “favoriser la mobilité des migrants.”

Bien sûr, ce document date de 2014; peut-être le parti s’est-il ravisé, dans l’intervalle ?

Nous lisons dans “Propositions d’Ecolo pour les migrations”, document daté d’octobre 2016: “Il est temps de considérer sereinement, loin des clichés l’option de l’ouverture des frontières.” (pièce 2, ci dessous)

Apothéose des deux documents précédents, ECOLO publiait tout récemment “Pour instaurer la liberté de circulation ; Ecolo — Propositions 2019”, qui reprend textuellement l’ouverture des frontières du document de 2016, dont il est issu.

Il est donc certain, à la lecture des documents programmatiques d’Ecolo, que la position officielle de ce parti est de réclamer l’ouverture des frontières.

Cela se montre également dans le détail des propositions concrètes. Ainsi le droit actuel, national et européen, stipule que la délivrance d’un visa est une prérogative souveraine des Etats. Dit autrement, chaque Etat délivre un visa à qui bon lui semble, un droit que réitérait récemment la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE, mars 2017).

Ecolo souhaite renverser ce principe millénaire pour créer un droit au visa, c’est-à-dire le droit pour quiconque d’obtenir un visa sur simple demande, sauf trouble à l’ordre public. Nous lisons dans le document susmentionné (2016) : “la délivrance du visa ne serait conditionnée qu’à la vérification de la non-dangerosité pour l’ordre public et la sécurité nationale du demandeur.” (pièce 3)

Sur le plan des principes comme dans le détail des mesures, Ecolo plaide donc l’ouverture des frontières.

Cela n’a rien d’infâmant. Cela n’a rien de scandaleux ou nécessairement immoral.

Mais aucun débat rationnel, critique et serein n’est possible quand un parti n’assume pas la position formulée, revendiquée et détaillée dans ses documents programmatiques.

Pièces

Pièce 1

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Pièce 2

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Pièce 3

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